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Aurélie Pankowiak

Briseuse de silence & Survivor d'abus sexuels sur mineure dans le sport français 

 Chercheuse en politiques sportives Paralympiques, Victoria University

 

*survivor est le terme anglais couramment utilisé pour décrire les personnes qui ont survécu les violences sexuelles et leurs conséquences traumatiques, qui menacent souvent la vie des victimes.

Bienvenue à toutes et tous, Welcome everyone

Je suis chercheuse en politiques sportives nationales à Victoria University, à Melbourne en Australie. Je mène mes travaux de recherche au sein de ma thèse sur le sujet des sports paralympiques.

Je suis également une victime - Survivor* - de trois ans d’abus sexuels perpétués par mon entraineur de basket quand j’étais mineure (de 15 à 18 ans). Ce site est mon histoire. L’agresseur m’a abusée et exploitée sexuellement lorsqu’il était l’entraineur des équipes de cadettes et seniors dans lesquelles j’ai joué entre 2005 et 2008, dans un club de la région parisienne. Après avoir pris la décision de le dénoncer lorsque j’avais 19 ans, il a été condamné en mai 2010 par la Justice Française.

 

L’histoire des trois ans d’exploitation sexuelle que mon entraineur-agresseur m’a fait subir est choquante et complexe. Sur cette plateforme je partage mon récit en détail dans le but d’aider à sensibiliser le public et de contribuer au développement d’un dialogue civique autour du sujet des exploitations et violences sexuelles perpétuées contre les jeunes sportifs. Les violences et exploitations sexuelles dans le sport constituent l’infraction à l’intégrité du sport la plus désastreuse. Nos histoires ont besoin d’être sues. A travers mes écrits, mon intention est également d’utiliser le privilège d’avoir survécu ces trois ans d’horreur que mon entraineur-agresseur m’a fait subir et leurs conséquences, et le privilège d’avoir pu libérer ma parole, pour rétablir la vérité – ma vérité.    

 

Sur cette plateforme, je raconte la manière dont mon entraineur-agresseur a transformé la jeune sportive que j’étais en objet sexuel pendant trois ans, et relate le déroulement de ma bataille juridique. Je partage également mes réflexions sur les dommages de ses actes sur ma vie, ainsi que les implications d’une histoire comme la mienne pour le monde du sport et pour notre société.

A ces fins, je publie le document de 20 pages que j’ai écrit au procureur de la République lorsque j’avais 19 ans pour dénoncer mon entraineur-agresseur. Cette plainte officielle contient des souvenirs et la compréhension que j’avais à l’époque de ce qu’il m’a fait endurer pendant ces trois années. Je complète le récit de ma plainte avec des réflexions ancrées dans la nouvelle compréhension que j’ai de mon histoire : une compréhension qui est bien différente de celle que j’avais lorsque j’étais une jeune femme de 19 ans traumatisée, une nouvelle compréhension qui est au plus près de la réalité de ce qu’il m’est vraiment arrivé. J’ai pu acquérir cette appréciation plus claire de ce que mon entraineur-agresseur m’a fait subir grâce au cheminement thérapeutique, libérateur mais long et extrêmement douloureux, que j’ai débuté en Septembre 2017 presque dix ans après la fin de la période d’abus.

Un évènement important a déclenché le début de ma thérapie, d’une manière assez dramatique : ma participation, le 3 juillet 2017, à un entretien de recherche pour l’étude Européenne Voices For Truth and Dignity (Voies pour la Vérité et la Dignité) sur le sujet des violences sexuelles dans le sport. Après avoir enterré mon histoire au fin fond de moi-même pendant dix ans, cet entretien était la première fois que je parlais en détail des années d’abus que j’ai subies. Verbaliser mes souvenirs qui étaient enfouis dans une bombe de trauma prête à exploser, a déclenché une phase de stress post-traumatique très intense qui m’a forcée à commencer ce processus de guérison.

 

Dans mes récits, je tente d’apporter des réflexions additionnelles. J’essaie d’éclairer mon histoire à travers la connaissance du champ sportif que j’ai eu l’opportunité d’acquérir au cours de mes études et mon expérience professionnelle internationales dans le sport au cours des dix dernières années (plus d’information sur mon parcours ici). J’apporte également des réflexions du point de vue de ma récente « bataille » avec le système juridique français au cours de laquelle j’ai commencé à comprendre : 1. Le contraste entre le niveau de sa conviction et ce qu’il m’a fait subir, et 2. si je pouvais obtenir d’avantages de compensations pour les dommages long-termes de ses actes sur ma vie dont je souffre toujours.

 

Au contraire d’un certain nombre de mes « sister suvirvors » d’abus sexuels dans le sport que vous avez peut-être pu voir à la une des news nationales et internationales de par leurs statuts d’athlètes de haut-niveau, je n’étais pas une sportive de haut-niveau. J’évoluais dans un petit club de basket de la région parisienne, à un niveau peu compétitif. Les implications d’histoires d’exploitations et d’abus sexuels sur mineurs au niveau local sont effrayantes… d’une différente manière : ces histoires montrent que les abus sexuels dans le sport n’arrivent pas seulement aux athlètes de haut-niveau. N’importe quelle jeune fille, n’importe quel enfant peut être à risque dans nos « communautés » et « familles » sportives.

 

Il est temps pour le monde du sport de se réveiller et de se regarder dans le miroir. Il est temps pour le monde du sport d’écouter, au lieu d’ignorer ; de protéger, au lieu de laisser ceux qui ont le pouvoir, de nuire. Il est temps de croire les jeunes sportifs et athlètes et de les aider à briser le silence, au lieu de les faire taire.

 

Est-ce que mon entraineur-agresseur est toujours en fonction à l’heure actuelle malgré sa condamnation ? Au moment de la publication de ce site, 18 Novembre 2018, oui, bien sûr…

Est-ce que vous trouvez ça immoral ? Oui, #metoo Est-ce qu’il est dans ces droits légaux ? Oui. J’utilise mon histoire pour expliquer et comprendre cette réalité déstabilisante.

 

Chères lectrices, chers lecteurs, chères et chers survivors d’abus sexuels – j’ai un message pour vous ici – je ne me retiens pas dans mes écrits. Mon silence est terminé.

 

Ma « Be-Loud-Survivor-Revolution » commence.

 

Vous pouvez lire un résumé de mon histoire ici. Et vous pouvez lire pourquoi je partage ce récit de manière si détaillée ici.

 

Merci de me lire et partager mon histoire sans modération!

Aurélie, a phoenix rising

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