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Un aperçu de mon histoire et Appel à L'Action

Mon site est en cours de développement. Un résumé de mon histoire peut être lu sur cette page. Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur ce site régulièrement. Je partagerai mes mises à jour sur les réseaux sociaux. Vous pouvez me suivre sur Twitter et LinkedIn.

   Avant de partager avec vous le récit détaillé de mon histoire*, je souhaite introduire une version condensée des phases auxquelles j’ai dû survivre pendant et après que mon entraineur de basket m’ait abusée et exploitée sexuellement quand j’étais mineure (entre 15 et 18 ans). Sur cette page je présente un aperçu :

 

1. De ma survie pendant les trois ans d’exploitation et d’abus sexuels (2005-2008)

 

2. De ma survie à la confrontation avec mon entraineur-agresseur (2008-2010)

La manière dont j’ai dû mettre fin à la période d’abus, à l’investigation de police, au procès et jugement

3. De ma survie aux conséquences à long terme des types d’abus que mon entraineur-agresseur m’a fait subir (2006 – en cours), qui comprennent en partie:

anorexie, dissociation, anxiété, impact sur mes relations, et dix ans après, une phase intense de stress post-traumatique (déclenchée par ma participation à un entretien de recherche pour l’étude Européenne sur les violences sexuelles dans le sport : Voices for Truth And Dignity)

 

4.​ Guérir des trois ans d’exploitation sexuelle : mon cheminement thérapeutique (2017 – en cours)

Je finis cette introduction par un APPEL URGENT A L' ACTION et la mobilisation du mouvement sportif pour éradiquer les abus et exploitations sexuels des jeunes sportifs. Mes écrits sont très graphiques et honnêtes – c’est la vérité, ma vérité. Il sera peut-être dur de me lire. Je vous invite à lire un message que j’ai écrit pour vous cher-e-s lecteurs, lectrices et survivors d’abus sexuels dans le sport, ici.

* Sur ce site, je décris mon histoire sur plusieurs chroniques réflexives et inclus la plainte officielle de 20 pages que j’ai écrite quand j’avais 19 ans pour dénoncer mon entraineur, ainsi que le rapport de mon avocate. Pour en lire davantage sur les raisons pour lesquelles j’ai décidé de partager mon histoire d’une manière si détaillée et transparente, et comment je vais structurer celle-ci sur mon site, cliquez sur ce lien.

Important : Si vous vous trouvez en détresse émotionnelle au cours de votre lecture, et avez besoin de parler, contactez une de ces organisations sur ce lien.

Cet aperçu de mon histoire pourra vous donner une idée du contenu de mes écrits. Cet aperçu pourra éventuellement vous laisser confus-e-s et perplexes, et c’est normal. J’ai moi aussi été très confuse pendant longtemps.  Je crois que les adultes autours de moi l’étaient également lorsque mon entraineur m’abusait. Et honnêtement, comprendre tout ce qu’il m’est arrivé reste aujourd’hui, dix ans après, très compliqué et douloureux, et oui, déconcertant. Je vous invite donc au cours de mon histoire à réfléchir avec moi. Je n’attends pas de vous de vous mettre à ma place : je pense que personne ne peut comprendre ce que vivre et survivre une histoire pareille représente si vous ne l’avez pas vécu vous-même.

J’espère toutefois que mon histoire vous fera réfléchir de façon plus critique au problème des abus et exploitations sexuels dans le sport.  J’espère aussi que partager le récit de ce que j’ai subi et mes réflexions vous permettra de prendre du recul pour essayer de comprendre comment des histoires d’horreur comme la mienne se déroulent - pour, je l’espère, empêcher qu’elles se perpétuent - de la même manière que j’essaye de comprendre mon histoire depuis le 3 juillet 2017, le jour où j’ai commencé a souffrir d’une phase de stress-post traumatique intense, déclenchée par le fait d’avoir verbalisé mon histoire pour la première fois en 10 ans pour le projet de recherche Voices for Truth and Dignity.  

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1. Un aperçu de ma survie aux trois ans d’exploitation sexuelle perpétués par mon entraineur de basket

 J’ai commencé à jouer au basket lorsque j’étais une jeune enfant. En Septembre 2004, j’avais alors 15 ans, la saison 2004/2005 commença et j’intégrai la première année de cadette (pour les jeunes âgés de 15 à 18 ans). C’est alors que je rencontrai mon entraineur pour la première fois. Il avait 29 ans et il avait une petite amie depuis un certain nombres d’années, petite amie que l’équipe et le club connaissaient. Il fut l’entraineur de mon équipe pour les trois années qui suivirent.

La manière dont il m’a abusée pendant trois ans ne commença pas avec un évènement précis. Mon entraineur a agi de manière relativement lente et progressive jusqu’à ce qu’il m’ait complètement sous son contrôle et son autorité.

Les premiers moments où les choses changèrent furent lorsqu’il commença à me parler en dehors des entrainements de basket sur internet via messageries instantanées, en avril 2005. En parallèle de cette communication, lorsque nous étions au gymnase du club de basket, il commença à m’emmener dans les toilettes, ou dans le bureau du gardien du gymnase (après les entrainements ou les matchs) où il pouvait m’avoir pour lui tout seul. Il fermait les portes à clé et il me faisait des câlins, m’embrassait sur mes joues etc. J’étais complètement déboussolée et ne comprenais pas ce qu’il se passait. Un jour, il nous enferma dans les toilettes du gymnase de nouveau. Cette fois il tenta de m’embrasser sur la bouche. Il se colla contre moi. Je le repoussai alors fortement car je n’avais absolument aucune envie de l’embrasser. Ce moment m’effraya, mais je ne savais pas quoi faire. Je le voyais comme mon grand frère, et je lui dis cela. Mais il utilisa ma réponse négative envers lui pour me culpabiliser. Il me fit comprendre que j’étais en tord de ne pas l’avoir embrassé, et qu’il n’aimait pas que « je ne veuille pas de lui ».  J’étais manipulée, j’étais confuse et me sentais coupable. Donc, deux jours après, lorsqu’il m’emmena dans les toilettes du gymnase de nouveau, je ne me défendis pas lorsqu’il essaya de m’embrasser. Après ce moment, il continua à me demander de venir le voir dans les toilettes et le bureau du gardien du gymnase. Il exigea que je ne parle à personne de ce qu’il se passait entre nous.  Le niveau de manipulation augmenta entre avril et juin 2005. Il répétait sans cesse qu’il fallait je ne parle à personne et il agissait d’une manière telle que nos interactions ressemblaient de plus en plus à une « relation parallèle » cachée de celle qu’il avait avec sa partenaire, une « relation » cachée de tous. Il commença à nous emmener dans des endroits en dehors du gymnase de basket pour « qu’on passe du temps dans sa voiture ». Ces actes me rendirent alors encore plus confuse : il me faisait penser et ressentir que j’étais spéciale à ses yeux. Je ne pense pas que beaucoup de jeunes sportifs risqueraient de mettre en péril le sentiment d’être spécial aux yeux de leur coach... Malheureusement, ce sentiment me transforma en une proie parfaite. Cette phase appelée « grooming » (méthode de mise en confiance et manipulation utilisée par les prédateurs sexuels), dura quelques semaines et fut un lavage de cerveau très efficace pour la jeune adolescente de 15 ans que j’étais. Cette phase me prépara pour tout ce que mon entraineur-agresseur décida de faire de mon corps pendant les trois années qui suivirent. 

Un jour, quelques semaines après l’anniversaire de mes 16 ans en Juin 2005, il m’emmena dans la forêt près de là où j’habitais. Il nous emmenait souvent sur cette route dans la forêt parce que c’était un endroit isolé. Quand on se rendit à cet endroit ce jour-là je trouvais cela normal, mais cette fois il décida de sortir de la voiture. Il m’emmena sur un sentier dans la forêt, on marcha un peu et puis il s’arrêta, il m’allongea, me déshabilla et commença à me pénétrer. Oui, dans la forêt. J’étais complètement confuse, pétrifiée et embarrassée. A cause de ma réaction il « n’alla pas jusqu’au bout». Cet abus sexuel fut ma première « expérience sexuelle ». Deux semaines après cette première tentative, il essaya à nouveau d’avoir un rapport sexuel avec moi, cette fois à son appartement, et il arriva à ses fins.

Ceci fut le début d’un cauchemar, un cauchemar qui dura plusieurs années… Ce que je ressentis pendant ces années furent l’équivalent de passer l’éternité en enfer. Mon entraineur ne cessa de manipuler mon esprit, pour utiliser mon corps. Il me transforma en esclave sexuelle. Il me fit avoir des rapports sexuels avec lui partout où il voulait et quand il voulait: dans le parc, dans la forêt, dans les vestiaires du gymnase, dans la loge du gardien, dans sa voiture, à son appartement. [Une fois, alors qu’il avait un rapport sexuel avec moi, je pleurais car j’étais dans un état de détresse émotionnel critique. Mais il continua le rapport sexuel et me dit : « arrête de pleurer, tout est fini entre nous, arrête de pleurer ». (Bien sûr que « tout » - nos rapports sexuels - n’était absolument fini, ceci continua pendant plus ou moins un an). Il termina. Je me rhabillai. Il se mit debout, en face de moi, et exigea que je m’arrête de pleurer. Je ne m’arrêtai pas, et il me donna deux claques.] Pendant trois ans, il m’enferma dans un sombre océan de silence. J’étais seule, j’étouffais. Le seul oxygène que j’avais se trouvait dans les histoires et mensonges que je devais me raconter et raconter à quelques proches pour prétendre que j’allais bien. C’était la seule chose qui me permettait de survivre à ces ténèbres dans lesquels il m’avait fait tomber, et de fonctionner sur terre. Mais en réalité, la jeune ado que j’étais se noyait. Il utilisa mon désespoir émotionnel* et ma bouche cousue pour m’exploiter sexuellement pendant trois ans. C’est dégradant, dégoutant, humiliant, et extrêmement dévastateur.

*Sur ce site, je parle de l’état émotionnel dans lequel j’étais à l’époque, et à quel point j’avais besoin de lui émotionnellement, ce qui est très visible dans les termes que j’utilise dans ma plainte au procureur : « j’étais amoureuse de lui ». Je n’étais pas amoureuse. Ce que je ressentais était un état de très grande dépendance émotionnelle, basée sur les « signes d’acceptation » qu’il me donnait, c.-à-d.- qu’il voulait mon corps ; chose que je ne pouvais comprendre comme tel à l’époque, car ces signes venaient d’une personne qui avait une autorité extrême sur moi en tant que mon coach et que j’étais trop jeune.

Vous devez peut-être vous demander : « Pourquoi est-ce-que tu n’as rien dit à personne ? ». Et bien si, j’en ai parlé… Deux femmes de mon lycée (une de mes enseignantes, et l’assistante sociale du lycée que mon enseignante me demanda de consulter) savaient « que quelque chose entre moi et mon entraineur de basket se passait ». Elles savaient que « nous » avions des rapports sexuels. J’avais besoin de me confier à un adulte. Mon état à l’école était de plus en plus critique, je pleurais souvent et mes notes baissaient.

Vous devez peut-être également vous demander : « Elles ne l‘ont pas dénoncé, ou ne l’ont pas dit à tes parents ? ». La réponse est non… L’assistante sociale m’a recommandé d’aller au centre d’aide psychologique dans la ville où j’allais au lycée. Je m’y suis rendue apparemment une ou deux fois parce qu’ils ne pouvaient pas me recevoir régulièrement. Bien que j’étais toujours mineure (je n’avais pas encore 18 ans), le centre n’a rien dit non plus. Je n’ai absolument aucune mémoire de m’être rendue à ce centre. Je l’ai appris dix ans après quand j’ai lu les documents de l’investigation de police. [Je tiens à noter que, à cause du traumatisme que j’ai vécu, j’ai perdu un certain nombre de souvenirs de mon histoire. Sur ce site, j’explique ce que ma mémoire a supprimé].

Mes parents ont découvert « la relation » en avril 2008, à peu près deux semaines avant l’anniversaire de mes 18 ans. Quelques semaines après j’ai commencé à consulter un psychanalyste à Paris. Mais l’histoire d’horreur avec mon entraineur continua. « Hein ?!? » Oui…, c’est compliqué. J’explique ci-dessous…

 

2.1 Un aperçu de ma survie à la confrontation avec mon entraineur : comment j’ai mis fin à la période d’abus…

   En février 2008 (j’entamais le deuxième semestre de ma première année de Licence en STAPS à Paris Ouest), alors que les sévices duraient depuis déjà trois ans, j’essayais désespérément de trouver un moyen de m’enfuir du trou noir sans fin dans lequel mon entraineur m’avait emprisonné. Soudain venant de nulle part, je trouvai une perche vers la lumière : une amie m’envoya un message et me dit que mon entraineur avait essayé de se coller sur une de mes anciennes amies/co-équipières de basket. J’appris qu’il avait essayé de l’embrasser dans son appartement. Je savais que c’était la fin. J’étais pétrifiée, mais je réussi tant bien que mal à envoyer un texto à mon entraineur ce jour-là. Je voulais prendre le contrôle pour la première fois, et terminer tout ce qu’il s’était passé pendant trois ans. Je lui demandai de me retrouver au gymnase de basket parce que j’avais peur d’être toute seule avec lui et avais besoin de savoir qu’il y avait des gens autour de nous. Alors que je me tenais en face de lui dans le hall du gymnase, je lui dis que je savais ce qu’il avait essayé de faire avec mon ex co-équipière. Il dénia les faits. Il commença à se mettre en colère. J’avais peur qu’il me frappe, alors je partis du gymnase. Ce moment fut la dernière fois où je lui parlai… jusqu’à la confrontation en face-à-face avec lui dans les bureaux de la police, un an et demi après.

 

Pause pour vous lectrices et lecteurs:

« Attends ?! Quoi ?! Donc ce que tu me dis là c’est que :

1. Ton entraineur t’a abusée sexuellement dans la forêt,

2. Il t’a exploitée sexuellement pendant trois ans, tu souffrais, des adultes autours de toi savaient et n’ont rien fait pour l’arrêter, et

3. C’est toi qui as tout arrêté en fin de compte avec lui, quand tu as appris qu’il a essayé de tenter quelque chose avec une de tes amies ? » 

Oui, c’est ce qui s’est passé.

« Mais attends, comment c’est possible ? »

Oui... J’essaie moi-même de comprendre comment c’est possible. C’est pour cela que je souhaite partager sur ce site la plainte de 20 pages que j’ai écrite pour l’investigation de police, et le rapport de mon avocate. Je veux essayer d’éclaircir la complexité d’histoires comme la mienne et de contribuer à la prise de conscience du problème.

Il y a sûrement des explications (qui n’excusent rien) pour le fait que les adultes autour de moi ne l’aient pas dénoncé, que je tente encore d’éclaircir.

Certains se demanderont également pourquoi je n’ai pas dit « non » plus fort ou plusieurs fois, ou pourquoi je ne me suis pas enfuie plus tôt. L’explication brève pour le moment est celle-ci : j’étais une enfant extrêmement manipulée, sous le contrôle de mon entraineur, donc je ne pouvais pas comprendre ce qu’il m’arrivait. J’étais une enfant, ou ce qu’on peut appeler « une enfant dans un corps presque de jeune femme », vous savez… les ados, ces jeunes qui pensent qu’ils/elles sont indépendant-e-s mais en réalité sont encore des enfants qui ne savent pas vraiment prendre de décisions pour eux/elles-mêmes et ont besoin de parents et d’adultes pour les protéger.

Ce que je réalise maintenant - et que je n’avais pas la capacité de réaliser à l’époque en raison du contrôle qu’il exerçait sur moi - est que JE NE VOULAIS PAS DE RAPPORTS SEXUELS AVEC LUI. Ce que je voulais c’était tout ce qu’un-e jeune sportif-ve (et particulièrement ceux ou celles qui, comme moi, attachent leur estime à leur identité sportive) voudrait de son entraineur :  je voulais un mentor, je voulais quelqu’un qui me valorise en tant que joueuse de basket, je voulais un entraineur qui prenne soin de moi et de mon développement. Mais j’étais traumatisée, et il avait un pouvoir absolu sur mon identité sportive très forte à l’époque.

Je crois qu’il a aussi réussi à duper les gens autour de moi. Cet entraineur est en effet une de ces personnes que tous les parents apprécient, que tous les joueuses et joueurs admirent, qui est civilisé, construit, aimé et respecté de tous. Cela vous semble-t-il familier ? Oui…, mon histoire n’est pas si différente des autres. Cet entraineur est quelqu’un d’ordinaire et « bien élevé ».  Etre un homme ordinaire et avoir un rôle model dans un petit club de basket est le parfait masque pour comploter une histoire d’horreur cachée de tous.  

Bienvenue à  #metooinsport2018 l’année où le masque des prédateurs sexuels dans le sport commence à tomber.

 

2.2. Un aperçu de ma survie à la confrontation avec mon agresseur : …. Quand j’ai décidé de le dénoncer 

En DEVELOPPEMENT – voici un aperçu du jugement.

Sa condamnation a consisté à 4 mois d' emprisonnement avec sursis et "4000 euros de dommage-intérêts en réparation du préjudice" et 700 euros au titre du code de procédure pénal, qui ont simplement remboursés les frais d’avocat.

 

Son nom n’a pas été enregistré sur la liste d’agresseur sexuel et il n’a pas été interdit d’entrainer. Il entraine toujours à l’heure actuelle.

3.1 Un aperçu de ma survie aux conséquences à long-terme à la période d’abus – essayer de contrôler et échapper au traumatisme non résolu :  anorexie, dissociation et quitter la France

 

EN DEVELOPPEMENT

3.2 Un aperçu de ma survie aux conséquences à long-terme à la période d’abus – faire face au traumatisme non résolu 10 ans après : la confrontation avec mes démons intérieurs, ma participation au projet de recherche Voices For Truth And Dignity et la phase intense de stress post traumatique qui en suivi…

 

EN DEVELOPPEMENT

4. Un aperçu de ma guérison de l’exploitation sexuelle: “re-vivre tout une deuxième fois” en thérapie, donner du sens et de l’espace à ma douleur, reprendre le contrôle sur ma vie et libérer ma parole

 

EN DEVELOPPEMENT

 

APPEL A L'ACTION

  Je souhaite conclure mon introduction par un appel urgent à l’action et à la mobilisation pour éradiquer les exploitations et abus sexuels des enfants et jeunes adultes dans le sport : un crime contre l’humanité. Les sportifs et athlètes victimes de ce genre d’abus (souvent prolongés sur plusieurs mois ou années) souffrent de nombreuses conséquences dévastatrices à long-terme. Une des conséquences* les plus dévastatrice que j’ai vécue, est le désir de me tuer… Oui, j’ai pensé à la mort plusieurs fois. J’ai envisagé de mettre fin à mes jours pendant mais aussi après avoir été abusée par mon entraineur de basket. Le niveau de solitude, désespoir, haine de soi et douleur que j’ai ressentis à cause de ce que mon entraineur-agresseur m’a fait subir pendant plusieurs années est tellement extrême que l’idée de me donner la mort a parfois été libératrice. Je pense que ma situation et mon ressenti sont loin d’être un cas isolé.

*… au-delà d’avoir perdu 17kgs en moins d’un an après la période d’abus, et de souffrir toujours d’anxiété, de problèmes dans mes relations et d’autres conséquences que j’explique sur ce site

Les violences sexuelles dans le sport ont des conséquences dramatiques. Il est temps d’éradiquer ces tragédies. Aucun enfant dans nos ‘familles sportives’ et sociétés ne devrait à avoir à survivre cet enfer sur terre. Nous, l’humanité, ne pouvons nous permettre de laisser une personne prendre contrôle du corps, de la vie, et de la dignité de nos jeunes sportifs. Des histoires similaires à la mienne ont surement coûté, ou coûterons la vie de nos enfants si nous ne nous mobilisons pas tous ensemble. Nous avons besoin de continuer à éclairer ce côté le plus obscure du sport, et l’affronter.

Je suis en vie aujourd’hui car la partie de moi pleine d’énergie et la femme passionnée et amoureuse de la vie que je suis m’ont aidée à me battre. Je suis en vie aujourd’hui parce que plusieurs personnes m’ont rappelées de par leurs actions que rester sur cette planète valait le coup, que j’en valais le coup : ces personnes ont cru en mon histoire, et elles ont cru en moi ; ces personnes ont été présentes elles m’ont écoutée et m’ont soutenue dans les moments les plus graves ; ces personnes m’ont aidée à m’émanciper et à libérer ma parole.

Le but de cette note sombre n’est pas de vous faire fuir. Au contraire, c’est un message d’espoir et un appel à la mobilisation des leaders et passionnés du Sport engagés à tous les niveaux : du local - du bénévole dans un petit club - au global, au politicien-ne-s et représentant-e-s des Droits de l’Hommes. Les violences, abus et exploitations sexuelles commises contre des jeunes (mineurs) sportifs et athlètes constituent une des infractions aux droits fondamentaux de l’homme, des femmes et enfants des plus graves. Je suis loin d’être la seule. #metooinsport

 

Bienvenue sur mon site.